
Dimanche dernier, j’ai fait un tour de vélo pour le plaisir de la chose.
Je n’ai jamais réellement terminé d’apprendre à pédaler sans les mains sur le guidon. C’est peut-être en commençant à utiliser mon vélo strictement pour me déplacer que j’ai perdu l’intérêt de jouer avec. Pousser ses limites sans buts précis, c’est un jeu. Trop longtemps, j’ai été prise dans le piège du sérieux des obligations. Par respect pour mon temps, je rattrape celui que j’ai échappé.
Une de mes choses favorites est de traduire les expériences en apprentissages. J’aime l’analyse et discerner les différents facteurs qui causent un résultat. En ayant ma main droite lâchée sur le côté de mon corps, j’ai réalisé que ce n’était pas le pivotement du guidon qui me faisait prendre des tournants. Je n’y avais jamais vraiment porté attention auparavant. Je croyais que je tirais un côté du guidon et que je poussais l’autre pour orienter mes mouvements. Mais non, toé chose. Je perds l’équilibre. Délibérément. Les amatrices et amateurs de vélo sont possiblement très peu impressionné-es par mon observation. Même chose pour les personnes qu’on voit sur les motos de course qui penchent drastiquement leur corps pour faire un tournant. L’angle de roue et sa rotation, entre autres, permettent le changement de direction.
Ça m’a fait penser à la notion de balance quand on essaie de s’améliorer, peu importe dans quelle sphère. On a besoin d’un point d’équilibre pour rester stable, puis il faut perdre l’équilibre, risquer l’instant de malaise, pour prendre une nouvelle direction. Une fois qu’on a changé de voie, pour ne pas tomber, il faut rapidement retrouver sa balance. Sans perte d’équilibre, certes on peut rester droit, mais on ne va pas ailleurs à moins qu’une autre force ne nous l’impose. On reste pareil quand on ne se permet pas de tomber un peu.
Légère chute, léger changement.
Plus grande chute, plus grand changement.
Ces chutes gagnent en pleine valeur quand on sait revenir sur son point d’équilibre. Dans le fond, on retourne à soi-même. Pour revenir à soi, il faut bien se connaître. Ne serait-ce pas terrible de rester penché, sans tomber, mais tournant toujours en rond. C’est de quoi rendre n’importe qui extrêmement malade.
Une balance saine serait alors de garder son équilibre tout en ce permettant des déséquilibres contrôlés. Changer de voie est un art qui peut être très difficile à maîtriser. Je ne parle pas juste d’adaptabilité, mais de curiosité aussi.