Le partage de connaissances et la respiration ont beaucoup en commun.
Ça vient naturellement, ça vient par cycle. Quand on en prend trop, c’est étourdissant et, quand on en prend trop peu, on se met en danger. L’échange d’idées dans leur état immatériel est l’un des nombreux aspects qui caractérisent l’humain.
J’apprends encore à naviguer les interprétations de ce que je partage. La réception des idées partagées dépend, en grande partie, de la perception que la personne qui les reçoit à d’elle-même. Elle, comme moi, se compare à l’autre pour déterminer la valeur des informations échangées. Mais les éléments de comparaison sont propres à chaque personne. Je ne suis pas fan des hiérarchies. Jamais je ne me suis sentie supérieur-e à quelqu’un d’autre. Pour des raisons culturelles, j’ai même déjà pensé le contraire – heureusement ce n’est plus le cas. Par contre, on m’a souvent lancé que je « me pensais bonne », insinuant que je l’étais moins que dans ma perception de moi-même. Ça m’est arrivé depuis que je suis très jeune, je parle d’âge primaire. Ado, les adultes qui devaient prendre soin de moi se donnaient pour mission de trimmer ma confiance. Iels le justifiaient par la croyance que je pensais mes réflexions meilleures que les leur. Avec le recul, je comprends que ces personnes ne faisaient que de la projection: elles me croyaient meilleure et ça mettait en péril l’image qu’elles avaient d’elles-mêmes, de leur estime.
Peu importe l’approche, il y aura toujours des gens qui nous prêtent des intentions parce que nos idées confrontent leur image-propre. Donc, le souci n’est pas de chercher à rendre le partage l’idée plus digestible, mais de gérer ses propres attentes suite au partage. Ça, ça vient un peu moins naturellement que la respiration. C’est un exercice qui a pour but de se protéger, de sorte que le manque d’estime d’autrui n’ait pas d’incidence sur son propre désir de s’exprimer. J’encourage l’ajustement du delivery de sorte que le message soit mieux compris s’il n’est pas clair. On devrait constamment chercher à s’améliorer. Mais ce serait terrible de s’empêcher de partager par peur d’offenser l’autre qui crée lui-même l’insulte sans chercher à la confirmer.
Je crois aussi en l’importance de se permettre de dire qu’une idée est stupide. Plein de gens très intelligents peuvent avoir des idées stupides, moi y compris. C’est seulement quand on vénère de stupides idées et qu’on refuse obstinément de les confronter qu’on se mérite le titre d’imbécile.