Réappropriation du Temps

J’assume que tu connais la pyramide de Maslow.

Elle a 5 étages allant des besoins physiologiques aux besoins d’accomplissement. Le pattern que je suis s’inspire d’elle et des chakras des traditions ancestrales hindous, entre autres. Plutôt que d’y voir des besoins, je les traite comme des devoirs. Ce changement de perception a le but de me mettre directement responsable de mon être. À mon sens, quand on atteint la maturité de naviguer le monde par soi-même, il faut se débarrasser de l’attente que les autres – sous formes d’autorités ou des personnes faisant partie de sa communauté – reconnaissent nos besoins fondamentaux et travaillent activement à les honorer pour assurer une harmonie sociale. Peut-être que cette attente est réaliste quelque part dans le monde. En ce qui me concerne, je considère que tous.tes méritent le bien-être auquel j’aspire. Mais je ne suis plus assez stupide pour croire que la majorité pense comme moi. Je sais trop bien que le sentiment de sécurité de certains repose sur l’exercice de la domination des autres.

Même s’il m’arrive souvent de faillir à la tâche, il y a une série de devoirs que je travaille régulièrement. Comme la pyramide de Maslow, ils sont hiérarchisés et interdépendants. Comme les 7 chakras hindous, je les canalisent et les associent à des points spécifiques dans mon corps.

  • Le devoir de sécurité
  • Le devoir de création
  • Le devoir d’autonomie en interagissant avec le monde physique
  • Le devoir de m’aimer et de laisser les autres m’aimer
  • Le devoir de m’exprimer
  • Le devoir de voir les choses pour ce qu’elles sont et d’anticiper le futur de manière réaliste
  • Le devoir d’ouverture d’esprit

C’est sûr que je me répète quand j’affirme que le contrôle de mon horaire a toujours été un défi. Le TDA a son rôle à jouer sur cette déficience, mais j’ai aussi développé la honte de faire des choses que j’aime si elles ne peuvent pas bénéficier à mes communautés. Je suis souvent prêt.e à donner mon 110% pour les autres. Évidemment c’est trop, au point tel que l’épuisement mental qui empiétait dans ma vie personnelle finissait par affecter négativement mes engagements. Résultat: mes projets artistiques ont cumulé plus de 10 ans de retard.

Depuis la première année de la bouteille, celle qui marque le début de l’exploration de mes disciplines dans l’art et la spiritualité, je fais 4 commissions pour subvenir à mes besoins financiers. En date d’aujourd’hui, tous ces engagements ont pris fin. Je peux enfin reprendre où j’en étais avec Dors dans mes yeux et avec la série vidéo J’ai Mangé Mon Jumeau. Puisque mon day job sera la source principale de mon financement, je peux tranquillement exercer mon devoir de création. Bien sûr, réorganiser mon cerveau pour transformer la honte en je-m’en-foutisme ludique demandera une certaine adaptation. Pour l’instant, ça ne me fait pas peur.